samedi 2 août 2008

Retour à Xian

Le monde d'aujourd'hui

On arrive en bas avec Liu Jia mais papa et Yang Dong sont restés sur le quai pour faire des photos et filmer. Au bout d’un quart d’heure, ils descendent et on se dirige vers la sortie. On arrive devant la station de train. Là, il y a comme un tsunami de chauffeur de taxis qui nous tombe dessus. Finalement, on rentre dans un taxi et pour la première fois, c’est une femme qui le conduit. Au bout de cinq minutes, on arrive devant l’hôtel et papa demande au chauffeur de taxi de revenir le lendemain à 10h30 pour aller à l’aéroport. On va faire le check in pour la nuit et on demande s’il y a internet. En réponse il nous donne une petite boite qui contient les fils de connections. On va dans la chambre et je demande à papa si je peux faire internet. Il me répond que oui. Une demie heure plus tard, il décide de descendre prendre des photos et me demande de dormir. Mais avant de me coucher, je vérifie pour voir qui est connecté sur MSN et il y a mon cousin Tchekad qui a un an de plus que moi. Je suis content de pouvoir parler avec lui parce qu’en plus d’être mon cousin, c’est un de mes meilleurs amis. Je parle, je parle et je parle encore avec lui quand papa arrive et comme il me voit encore devant Internet, il n’est pas content, alors il me demande d’éteindre et comme je suis obligé, je dis au revoir à Tchekad et je vais me coucher

Sur les rails vers Xian et la Mongolie




Dernière journée avec nos amis chinois

On rejoint papa pour prendre les bagages et aller à la gare pour prendre notre train. On arrive à la gare et montre nos tickets. En Chine, dans la gare, il faut passer nos bagages au rayon X comme dans les aéroports. Puis, on remontre nos billets à un contrôleur qui nous dirige vers le quai pour attendre le train. Le train arrive et on monte dans le wagon 8 ; le même numéro depuis le début de nos voyages en train en Chine. Pour la première fois, on est tous les quatre dans un seul compartiment. On s’installe. Après avoir tout mis en place, j’écris mon texte en écoutant de la musique. Avant de se coucher, on se dit tous que c’est notre dernier voyage en train tous les quatre car le surlendemain on se quitte à l’aéroport de Xi’an. Papa et moi allons à Hohöt, Yang Dong rentre chez lui à Xi’an et Liu Jia prend un train de Xi’an à Pékin. On est ému. Bien que je pensais que j’allais être content, là je comprends qu’il s’est créé un lien entre nous. Mais personnellement, je suis plutôt triste de devoir quitter Yang Dong. Ensuite on rigole ensemble puis on se dit bonne nuit et on dort. Il est presque minuit.
Aujourd’hui, on passe la journée dans le train. Papa n’a pas de raison de me réveiller aux aurores alors il me laisse dormir. Quand je me réveille, il est 10h et j’ai dormi 10h ! Un luxe ! J’en avais bien besoin. En regardant autour de moi je ne trouve personne dans le compartiment. En regardant par la fenêtre je vois que le train est à l’arrêt dans une gare. J’en conclus que je me suis peut-être réveillé à cause du grincement du frein. J’entends les vendeurs de fruits et de jus qui déambulent dans les gares. Ils crient pour vendre leur produit. Je me demande, puisque papa adore tout ce qui est frais, s’il n’est pas allé sur le quai pour acheter des fruits. Je descends de la couchette du haut. A ce moment, papa arrive avec des fruits et me dit : « Eh bien, tu as bien dormi. » Le fruit que papa aime le plus est un fruit qui a un peu la même forme qu’une poire, qui est jaune. On l’appelle « le fruit de la longue vie ». C’est un fruit juteux à la peau épaisse et sans grain. Mais papa me dit qu’il l’a plus pour le goût que pour le nom. Moi, je me dis que j’espère qu’il va l’avoir papa, « la vie longue ». J’en mange un, mais moi je n’aime pas du tout. C’est goût si désagréable qu’il me donne envie de vomir. Puis Liu Jia sort de son sac des noisettes et me tend une clé car pour ouvrir les noisettes : ils fournissent une clé dans le paquet. Papa et moi on raffole de ces noisettes. Ce sont des noisettes plus grosses, moins grasses et plus craquantes sous les dents que celles que l’on trouve en France. Je remonte sur mon lit, je m’allonge et j’écoute de la musique en écrivant des textes. J’adore écouter de la musique. J’écoute Jacques Brel mais aussi Mika ou le rappeur Soprano. Ce que j’aime le plus comme style de musique, c’est le Rap : il y a du rythme, les paroles expriment un désir de s’exprimer et de se révolter contre le fonctionnement de la société d’aujourd’hui ; c’est bien. J’écoute aussi un peu de Rap américain. L’un de mes meilleurs amis Sam, fait du Rap et j’ai écouté ce qu’il fait. Je trouve que c’est un vrai artiste et qu’avec d’autre de nos amis, comme, Davy, s’ils forment un groupe, ils peuvent faire des choses très bien. J’écoute aussi un groupe de musique persane qui s’appelle Black Cats. C’est un groupe iranien. Tout le monde ne connaît pas, donc je vais vous en parler. C’est un groupe de Pop/Rap iranien qui a de très beaux textes d’amour mais aussi dans tous les domaines avec un très bon rythme. Les chansons sont chantées par un copain à moi qui s’appelle Kamyar. A la base, c’est un des meilleurs amis de mon cousin Aydin avec qui il a grandi puis, je l’ai rencontré et maintenant je m’entends bien avec lui mais comme il habite à Los Angeles je le vois pas souvent. Kamyar, c’est un mec cool. Le plus drôle, c’est que Aydin et Kamyar sont tous les deux dans la musique mais dans deux styles différents : Aydin est dans la musique traditionnelle et l’autre, Kamyar dans la musique moderne mais Kamyar considère Aydin comme un maître de la musique car il a su rester dans la musique classique. C’est vrai qu’Aydin est un maître de la musique. Kamyar et Aydin faisaient partie d’un groupe de trois très bons amis. Le troisième s’appelle Parsa et 10 ans après, ils sont encore les meilleurs amis du monde. C’est ce qui me fascine dans l’amitié. Moi, je les adore tous les trois comme des grands frères. Ils ont des caractères différents. A chaque fois que je leur parle, j’apprends quelque chose de nouveau. Au bout de deux heures à écrire mes textes et écouter de la musique, ma batterie est terminée et mon texte fini. Alors j’arrête tout et je me mets devant la fenêtre à regarder le paysage. Le rideau de la fenêtre représente des nomades sur la route de la soie avec leur chameau qui marche et comme le train avance, on à l’impression qu’ils avancent aussi et on peut s’imaginer plein d’histoires. On a l’impression qu’ils montent et descendent les montagnes, qu’ils traversent des déserts et ils s’arrêtent dans la ville quand le train s’arrête. Ce qui est amusant c’est qu’on fait un voyage en train, sur la route de la soie et que dans le train les motifs du rideau illustrent bien notre voyage. Ca fascine papa. Les paysages se répètent. Je descends et écoute de la musique avec Liu Jia. En fait, comme elle a sur son ordinateur une chanson française, je la mets et lui demande de chanter. Son accent me fait rire et fait aussi rire papa. Ensuite, on la réécoute une deuxième fois et je lui explique ses erreurs et la troisième fois c’est parfait. Je vois soudainement que sur son ordinateur il y a en entier le film « Les choristes » je trouve ça marrant et je regarde quelques moments. Je commence à avoir faim je vais dans le restaurant pour acheter une sorte de boite avec des nouilles à l’intérieur, de la viande en mini morceau et de la poudre de piment. C’est une soupe en sachet et il faut ajouter de l’eau chaude. Sans savoir que c’est de la poudre de piment, je mets tout le sachet dans mon bol et en voulant prendre le jus je trouve ça trop fort. Quand j’ai fini ma soupe, il est autour de 23h et l’on doit descendre car on arrive à Xi’an. On descend du train et comme on a beaucoup de bagages, on se fait aider par un porteur.

vendredi 1 août 2008

Discussions animées

De la couleur de peau

En me réveillant, je me retrouve devant un petit hôtel que nous a réservé Liu Jia pour trois heures à quelques mètres de la gare pour les dernières douches et préparatifs avant le grand départ en train. Je prends ma douche et ensuite comme je suis affamé papa demande à Yang Dong et Liu Jia d’aller dîner avec moi pendant que lui reste à l’hôtel pour charger toutes les batteries, les téléphones, les ordinateurs et les caméras, comme il le fait tous les soirs. Pendant le dîner, on discute avec la serveuse. Elle a une peau bronzée comme les Ouïgours ; je lui demande si elle en est une, elle répond qu ‘elle vient du Sichuan. Alors je demande à Liu Jia si toutes les filles du Sichuan sont bronzées, elle me répond : « Non elles sont jolies ». Comme je ne comprends pas le rapport entre « la peau foncée » et « moche », je lui demande ce qu’elle veut dire par là. Elle me dit que pour elle, ce sont les peaux blanches qui sont jolies et pas les peaux foncées. Comme moi je suis plus bronzé qu’elle, c’est comme une insulte raciste et je lui dis vraiment en colère qu’en France, on paye cher pour des paroles comme ça. Là, pour se rattraper elle me dit tu ne m’as pas compris, en Chine on préfère être blanche et sortir avec un garçon bronzé car ça veut dire qu’il travaille dur. Si on lit entre les lignes, cela veut dire la même chose, mais je fais mine d’accepter. Je lui dis quand même que si elle dit ça en France elle payera beaucoup d’argent et sans comprendre le message, elle me remercie.

Le rendez-vous de la lune avec le soleil






Eclipse et autres histoires heureuses

Je continue à jouer au basket jusqu’au moment où l’on voit arriver une grosse voiture noire de laquelle sortent deux hommes. Ils ont tous les deux une casquette américaine l’un est Ouïgour et l’autre Chinois. Ils ont tous les deux un gros ventre et à leur poignet, l’heure est indiquée par deux montres de luxe. Je ne sais pas qui sont-ils mais voyant comment les policiers sont avec eux, je comprends que ça doit être deux gros calibres de la police. Au bout d’une demie heure de consultation ensemble, ils décident de garder nos passeports. Ils nous autorisent à aller voir l’éclipse mais en étant escortés par deux voitures de police. Finalement, on part. On prend une route de sable qui monte et qui descend et on suit les autres vers une colline où la vue de l’éclipse sera magnifique car il n’y a pas d’arbres pour nous cacher la vue et les nuages ne cachent pas le soleil. La première chose que l’on fait avec papa en sortant de la voiture, est de sortir la caméra et réfléchir pour trouver une solution à la deuxième question. On en trouve pas jusqu’au moment où papa voit dans la main de la jeune vénézuélienne Monika des bouts de verre noir exprès pour l’éclipse. Il lui demande s’il peut en avoir un. Elle accepte. Il l’essaye sur la caméra en la dirigeant vers le soleil et ça marche. On a trouvé le verre mais papa qui n’a pas de scotch fait toutes les voitures en demandant du scotch. Finalement, il en trouve et il vient vers moi en entourant le verre de scotch pour voir l’éclipse. Je monte la camera avec le trépieds en haut de la colline et la place à un bon endroit pour filmer l’éclipse. Pendant ce temps, Alex et Ruth montent la nourriture, les boissons et les chaises. Je les aide. Quand on est en haut, je parle avec Monika et là, ce n’est plus qu’une éventualité, mais une certitude elle est bien vénézuélienne. Elle a 19 ans et après la Chine, elle va en Europe de l’Est puis à Paris pour voir le concert de Coldplay, un groupe de Rock connu. Je lui dis de m’appeler avant de venir à Paris peut-être je trouverai quelqu’un pour l’héberger. Pendant ce temps sa mère qui a mal à l’estomac demande des conseils de médicaments. A un moment, on voit dans nos lunettes la Lune faire un bisou très léger sur la joue du Soleil. Tout le monde est content et je vérifie que dans la caméra tout se passe bien. Puis, la lune fait plus qu’un léger bisou et moi je monte dans la montagne qui est derrière la colline pour rejoindre notre ami texan. Arrivé en haut, je ne le trouve pas, alors je redescends. Et en regardant le Soleil je vois que madame la Lune très coquine, recouvre le corps de monsieur le Soleil à moitié. Que c’est mignon l’amour ! Au bout de quelques minutes, il ne reste plus qu’un petit espace à monsieur le Soleil pour respirer et enfin, il ne peut plus respirer du tout c’est un moment de pur bonheur et tout le monde est heureux. Moi, je cours vers la caméra et j’arrache le verre noir et enlève l’infra rouge qui s’est mis lorsque j’ai enlevé le scotch. Il fait noir ce qui est extraordinaire, c’est que la lune couvre le soleil et qu’on voit une lueur de lumière énorme qui est le Soleil, recouverte par la petite Lune . Ca donne une très belle couleur à la Lune. J’ai appris ensuite que pendant que la Lune enlaçait le Soleil, Alex a demandé sa copine en mariage et qu’elle a dit oui, c’est ça les beaux moments de la vie. Je le félicite et il me demande comment on dit « I love you » en français, je lui réponds et il le répète à sa future femme. L’éclipse finie, je cours pour rescotcher le verre car il va se passer la même chose qu’avant l’éclipse mais personne ne s’y intéresse plus. Papa vient me voir et me dit qu’il a trouvé ça extraordinaire. Je suis content pour lui. Ce que je trouve beau dans la vie , c’est que tous les jours on peut voir quelque chose de nouveau. Eh oui, papa, par exemple a dû attendre 56 ans pour voir une éclipse. Les gens du village d’à côté sont venus avec les bébés, les grands-mères et tout le monde pour voir l’éclipse. Comme protection, ils ont ramené les vieilles radio du docteur, mais comme ils ont vu qu’il y a une protection sur la caméra, ils ont tous regardé dans la caméra ; c’est marrant. Ensuite arrivent les trois Texans qui ont trouvé ça extraordinaire aussi. Comme l’un d’eux, Beau, a étudié le français et qu’il veut le travailler, je lui demande en français, ce qu’il a pensé de l’éclipse et s’il veut en revoir d’autre. Il me répond qu’il a adoré et qu’il veut voir la prochaine, puis encore la prochaine, puis l’autre prochaine etc. En parlant avec lui j’apprends qu’après la Chine, avec ses deux copains, ils vont aller en Thaïlande, puis en Malaisie, puis en Indonésie et ensuite, il retournera au Texas. Il me dit que si je viens au Texas je suis sur d’avoir un endroit pour dormir et moi pour plaisanter, je lui dis que s’il vient à Paris, je lui louerais Versailles. Il rigole et me remercie. Je demande l’adresse email de tout le monde avant de repartir. On rentre alors au poste pour récupérer nos passeports et on attend un peu. Pendant ce temps, je demande à Beau quel est son métier de rêve. Il me dit qu’il veut être avocat et qu’il a postulé pour Harvard, je lui dis que je vais prier pour qu’il soit accepté. Ensuite, ils nous rendent nos passeports et on repart en minibus. Dans le trajet, je sors ma tête au vent mais je la rentre vite car pour les yeux, le vent est aussi douloureux que le soleil. Comme je n’ai rien à faire et que je suis fatigué, je m’endors.

Partie de Basket au poste de police



Rencontres insolites

Ils ont besoin d’une carte précise et je cours pour chercher la mienne mais je me rappelle que je l’ai oublié sur le lit de la chambre d’hôtel. J’appelle Liu Jia, car c’est elle qui a rangé les bagages. En l’appelant, je la réveille et elle insiste pour dire qu’elle me la donnée, mais moi je suis certain que non. Alors, elle me demande de lui passer Yang Dong et en fait, j’avais raison ce n’est pas moi qui l’avait mais Yang Dong. Il me dit où il l’a mise et je vais la chercher. Je l’apporte à Alex l’australien qui avec Ruth, le fils du monsieur avec qui j’ai parlé le matin, va tenter de trouver un endroit où on pourra mieux voir l’éclipse. Dans cette ville, les arbres et les nuages ne sont pas de notre côté. Alex voit que je me casse la tête pour trouver une solution pour voir l’éclipse sans m’abîmer les yeux. Il propose de me donner des pellicules noir et blanc pour voir l’éclipse au travers. Mais la mère de Ruth qui est inquiète pour nos yeux nous a donné des lunettes spéciales pour l’éclipse. Je la remercie et me dit que la première question est résolue. Pendant ce temps, papa qui a l’habitude de parler avec tout le monde, reste seul dans son coin et met sa tête dans ses mains. J’ai l’habitude de ces moments de méditation, je ne m’inquiète pas et continue à parler avec les autres. Au bout d’un moment, je vois une balle de basket-ball qui roule sur le terrain qui appartient à la station de police et qui se trouve dans la grande cour du bâtiment de police. D’un grand bond de joie, je rejoins les trois Texans pour jouer. Je prends la balle, tire et rate puis je la passe à un autre et il rate puis passe à un jeune Texan blond assez costaud qui fait du rugby pour l’équipe universitaire. En me la rendant, il me la passe comme une passe de rugby. Je me mets derrière la ligne des trois points et je drible puis après avoir longuement driblé, je tire et je la mets dans le panier ; ça fait trois points, mais comme on n’est pas en match ça ne fait rien. Le britannique qui a joué avec nous mais qui manque tout, décide de nous laisser. On se retrouve à quatre et on fait un basket en demi terrain. Sous un soleil écrasant et le corps rempli de sueur, je joue, cours et tente de rattraper la balle mais mes adversaires sont très forts et font le double de ma taille. Je suis heureux car j’adore jouer au basket. Finalement on perd 10 à 5 et je mets 2 des 5 points de mon équipe, je suis content. On arrête de jouer et on va se ravitailler. C’était une sorte de mi-temps. Pendant ce temps, j’appelle mes grands parents et leur dit que la police nous a arrêté, qu’on est dans une station de police et qu’on attend mais je les rassure et leur dis qu’on a pu manger et qu’on joue même au basket alors mon grand-père me dit en rigolant : « c’est la belle vie » et ma grand-mère me demande si j’y est dormi. Je lui dis que non. Je suis content de les avoir au téléphone car ils me manquent beaucoup. Au bout d’une heure de basket, je vois arriver deux femmes, une mère et sa fille qui sont habillées comme si elles sortent de la plage à Saint-tropez. La mère a un sac à main très chic. Quand elles arrivent, on leur dit en rigolant vous êtes en retard ! Avec leur accent en anglais, je me demande si elles ne sont pas d’un pays hispanophones. Comme la mère a un T-shirt où il y a écrit « Venezuela », je me demande si elles ne sont pas vénézuéliennes. Elles se font interroger. Tout le monde est prêt, mais le chef de la police du village nous dit qu’il ne peut rien faire pour nous et qu’il doit attendre les chefs de la préfecture qui se trouve à Kurul.

Quelques heures au poste de police


Rencontres sympathiques et interrogatoires déplaisants

Au bout d’une heure je me réveille dans un centre de police. En sortant du minibus, je tombe sur ce monsieur américain rencontré auparavant, qui fait partie d’un groupe composé de sa femme, de leur fils mais aussi d’un Australien et sa copine Philippines qui habitent à Lanzhou, et enfin, d’une femme irlandaise avec son mari britannique et leur deux filles de 5 et 8 ans qui habitent aussi à Lanzhou. Je demande à papa ce qui se passe et il me dit qu’on s’est fait arrêter par un contrôle de police. Ils ont pris nos passeports et ils attendent leur boss pour nous poser des questions. Au même moment, je vois un taxi arriver avec trois Texans qui sont étudiants en philosophie à l’université du Texas. Ils sont comme nous, arrêtés. Bien sûr, je leur demande s’ils vont voter et tous les trois me répondent : « oui et pour Obama ». Pour moi, c’est le bon bulletin. Mon rêve aujourd’hui, c’est d’avoir une rencontre seul à seul d’une heure avec Barack Obama ; je pourrais même aller à Chicago pour le rencontrer s’il accepte. Une heure plus tard, papa m’appelle et me dit que maintenant les chefs sont venus et que les policiers savent quelles questions nous poser. On marche dans un couloir qui paraît être un mini couloir de la mort tant nous sommes inquiets face à la suite des événements. On arrive dans une petite pièce qui semble être une salle d’interrogatoire de la PJ parisienne. Au milieu de cette pièce, il y a une table autour de laquelle nous attendent une femme qui baragouine l’anglais et deux policiers. Ils regardent nos passeports et nous posent les questions de routine que pose tout policier autour de la planète. Enfin, d’après ce que je sais, après avoir vu les interrogatoires dans différentes séries policières qui passent à la télé. Ces questions sont pêle-mêle, la raison pour laquelle on est en Chine, la date d’entrée et de sortie du territoire. En observant la pièce, je vois derrière les policiers un mini studio photo. Eh non, ce n’est pas pour se faire photographier devant des monuments ou avec quelques stars. C’est pour laisser un bon souvenir à ces messieurs les policiers. L’interrogatoire terminé, deux questions se posent : la première est : - comment va-t-on trouver des lunettes pour l’éclipse ? et la deuxième : était de savoir (comme on n’a pas reçu pas la réponse de National Geographic)
- comment allons nous faire pour protéger la caméra de l’éclipse ?. On se dit que le ventre plein, on pourra mieux répondre à ces questions. A ce moment, on voit deux japonais habillés comme des aventuriers et qui arrivent au poste de police trempés, comme s’ils y sont venus à la nage. Les policiers, quand on leur dit qu’on a faim, nous disent qu’on peut aller manger mais accompagnés d’un policier qui nous surveillera tout le repas. On trouve un restaurant avec des salles séparées pour chaque groupe de touristes. On nous en donne une. Un quart d’heure plus tard, les deux japonais arrivent après avoir bien séché et s’être faits interroger. J’apprends en fait, qu’ayant vu check point sur la route, ils ont demandé à leur chauffeur de rentrer seul dans le village et eux ont essayé de contourner les policiers en nageant dans la rivière pour rejoindre le chauffeur dans le village, mais ils se sont fait arrêter par des policiers en civil. Ils sont trop fort ces japonais. Pendant le repas, on coupe le melon et quand tout le monde en a bien mangé, je vais en proposer aux deux groupes à cotés qui me remercient. Pendant le repas, papa me demande d’arrêter de parler car je parle trop et qu’il n’aime pas qu’on parle à table mais moi ça m’énerve. Pendant tout le repas papa qui n’aime pas parler à table a été obligé de répondre aux questions du policier. Le policier qui est Ouïgour. Quand on a fini le déjeuner, on retourne avec le policier à la station de police. Les deux questions ne sont toujours pas résolues. Au poste de police, je parle avec le groupe d’étrangers retenus au poste.

En route pour l'éclipse


Un départ chaotique

Aujourd’hui je me lève avec la joie de la découverte, car on part voir une éclipse. D’après des études scientifiques que j’ai faites sur Internet, le meilleur endroit pour la voir est à Yiwu une petite ville au nord-est de Kumul (Hami) au Turkestan Oriental. Les autorités chinoises en ont profité pour dresser un péage et faire payer les milliers de touristes qui vont voir l’éclipse. Le coût pour nous de l’autorisation est beaucoup trop cher : 320 euros ou 3200 yuans. Avec Papa, on s’est dit qu’une éclipse ne se voit pas que d’un seul endroit et que la bande de vision est large et longue. En vérifiant sur la carte et sur Internet, on s’aperçoit que l’éclipse est aussi visible d’un autre petit village. Papa appelle le chauffeur du minibus qu’il a loué la veille et lui dit où on a décidé d’aller. Quand on fini de ranger les affaires, on va prendre notre petit déjeuner. Je ne sais pas pourquoi, mais ce jour ci pour mon petit déjeuner, je ne prends qu’un œuf dur et du pain chinois. Pourtant, Papa dit qu’en voyage, il vaut mieux toujours bien manger quand il y a de quoi manger car on ne sait jamais ce qui nous attend. En sortant de l’hôtel, je tombe sur un monsieur d’environ 65 ans assez robuste qui boite et qui a une barbe vieille de quatre jours. Je discute avec lui et avec son accent -qui parle vite mais plus distinctement qu’un britannique- je comprends, qu’il est américain. Il me dit qu’il vit à Pékin. Il est venu avec sa femme. Elle a à peu près le même âge que lui avec des cheveux blancs. Elle a une véritable attitude de grand-mère : elle fait attention à tout et à tous. Son fils, d’une trentaine d’années parle très bien chinois. Eux aussi sont venus voir l’éclipse. Il est très gentil et avant de partir, il regarde notre plaque d’immatriculation. Il va à Xincheng comme nous et il nous dit que si on se croise sur la route et que l’on a un pépin, il viendra nous aider. Puis il s’en va. Nous aussi, dans notre minibus. Mais, au bout de cinq minutes, Papa se rappelle qu’il faut préparer notre départ en train entre Hami et Xi’an qui durera plus de 23h, juste après l’éclipse. Il demande à Liu Jia si elle a trouvé une solution pour acheter les tickets. Elle lui répond que non mais garantit que l’on pourra les acheter le soir en revenant. Papa se dit que Xi’an, qui est une ville touristique pourrait être la prochaine étape de ces milliers de touristes qui sont venus voir l’éclipse. Il y a donc un risque de ne pas trouver de places. Ca, c’est l’expérience du voyageur que papa est ! Il demande à Liu Jia de trouver une solution pour acheter les billets maintenant ou de les faire acheter par quelqu’un mais elle n’en a pas. A ce moment notre compagnon de voyage indien propose à papa d’aller dans une agence de voyage pour demander à quelqu’un d’acheter les billets. On va alors au grand hôtel de Hami où il y a une agence de voyage. On arrive dans une petite salle remplie de monde où une femme est en train de taper sur l’ordinateur des informations et une autre qui doit vendre les six derniers tickets d’autorisation pour l’éclipse qu’elle a et qu’elle a promis à dix personnes. Dans cette foule, les langues se mélangent : on entend parler australien, britannique, américain et même chinois. Au milieu de ces cris et du stress de la vendeuse d’autorisation pour l’éclipse, Liu Jia lui demande si elle peut nous acheter les billets. Elle écrit notre train sur un papier et elle accepte. Papa et son génie voient que cette pauvre femme, quand les touristes seront partis, n’aura qu’une envie c’est de mettre sa tête en arrière, souffler un bon coup et dormir. Comme Liu Jia m’avait dit qu’elle s’en foutait de voir l’éclipse, papa lui propose bien qu’il en soit désolé, de rester pour acheter les billets si elle ne trouve pas d’autre solution. Là, elle répond une phrase que j’aurais entendu des milliards de fois dans ce voyage avec elle, qui est : « It doesn’t a matter. "Notre voiture commence à rouler et vu sa vitesse, on se dit avec papa que c’est bizarre et qu’à une vitesse comme ça, on arrivera demain matin, bien après l’éclipse au village. On s’arrête au bout de quelques minutes devant une station essence où les voitures sont alignées à attendre l’essence. A ce moment papa proteste et demande de ne pas perdre son temps et de trouver une autre station essence. Il demande aussi d’acheter des melons de Kumul qui sont réputés pour être les meilleurs de la planète. Au bout de 10 minutes à tourner en rond, on trouve des melons mais pas d’essence. On achète trois melons à 5 yuans. Finalement on trouve une station essence au bout d’une petite route de sable et Karam fait le plein. Quand le réservoir est plein il commence à rouler à la vitesse normale et là je me sens soulagé. Puis, je dors en écoutant Jacques Brel et en pensant au trajet entre Nîmes et Monaco pendant lequel j’avais écouté Jacques Brel avec mon grand père.